Maintenant je crache de l’encre.
La sépia
J’en bave
Que ça dégouline
Tuer le mal par le mal lui-même. L’encre sèche de l’ordinateur.
L’encre de la sèche la tentaculeuse la poulpe la pieuvrette.
C’est moi qui vais te vider
Faut que ça sorte
Faut que ça se vide
Faut que ça saute
Faut que ça sèche
Faut que ça cesse
L’araignée et la pieuvre : de l’encre sur la toile
exit la tête et la tétée les entêtées.
Cracher l’encre versus l’ancre encrassée
Décoller les tentacules essuyer la bave de mon front arracher les ventouses
reboucher les trous faire couler l’encre de tous les pores jeter l’ancre par-dessus port.

Que la joie revienne que la joie s’installe que la joie demeure.
Que la triste bête se meure que se noie la tristesse.
J’ai trouvé.
Je tire un fil
et la bête se défile
par petits bouts
on en voit le bout

{...}
La pieuvre je l’ai dessinée tant de fois, je l’ai badigeonnée d’encre, je l’ai baignée, je l’ai peinte je l’ai dépeinte, je l’ai noircie, je l’ai tracée je l’ai traquée je lui ai parlée, je l’ai insultée, elle m’a dévorée… mais jamais complètement. Il est toujours resté un peu de vie au dedans. Je ne sais pas pourquoi. Mes dernières forces inépuisables. Insondables. Insoupçonnées. Finalement j’étais plus forte qu’elle. Elle a capitulé. La céphalée s’en est allée.

La pieuvre, extrait-