Il y a autre chose. Indescriptible. Indicible. Il y a une conscience aiguë, quelque part, je flotte légèrement entre différentes rives, à la surface, doucement, le long de rivières souterraines, limbes tranquilles, puis vole sans effort dans des cieux cléments, éclairés, parmi les nuages, les feuilles, les plumes, l'écume. Tout est clair. Tout est blanc. Il n'y a plus de temps. Et pourtant je vis l'attente. L'arrivée latente. Toi. Hors du temps. Je ne touche plus terre. Je ne sais pas où je suis. Je suis là et je suis ailleurs. J'ai mal au crâne depuis hier. De vieilles résurgences douloureuses, pieuvres fantômes du soir.
{...}
Sous l'orage, tonnerre et trombes de pluie, l'été est arrivé, et toi toujours pas. C'est fascinant. Je suis en grande forme, l'atelier est clair et propre sous le ciel gris, les portes grandes ouvertes pour écouter couler l'eau avec délice et t'accueillir.

Le journal d'Ulysse, extrait-